Aujourd'hui,
URGENT
Médias: un incendie a ravagé ce matin les  locaux de la télévision BF1. Pas de blessé, mais d'importants dégâts matériels.
Burkina: le secteur minier, c’est 71% des recettes d’exportation,  50 tonnes d’or produites en 2019 qui ont rapporté 1420 milliards FCFA.
Mines: en 2020, l’exportation d’or a rapporté près de 2 000 milliards de FCFA au Burkina (Oumarou Idani). 
Covid-19: un nouveau décès et 83 nouveaux cas à la date du 12 janvier 2021 au Burkina Faso. 
Mali: trois Casques bleus ivoiriens tués quand leur véhicule a sauté sur une mine dans la région de Tombouctou (Officiel). 
Burkina: la NAFA félicite le président Kaboré pour la création d’un ministère de la Réconciliation nationale et encourage Zéphirin Diabré. 
Burkina: le couvre-feu prolongé de 45 jours dans la région du Sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. 
États-Unis: 20 000 soldats de la Garde nationale déployés à Washington pour l'investiture de Joe Biden (médias). 
États-Unis: Donald Trump devient le premier président sous l'objet d'une deuxième procédure de destitution dans l'histoire du pays.
Covid-19: 184 nouveaux cas et 3 décès à la date du 11 janvier 2021 au Burkina.  

POLITIQUE

Le procès du putsch manqué du 16 septembre 2015 se poursuit à la salle des banquets de Ouaga 2000. Au deuxième jour de sa comparution à la barre ce mardi 27 novembre 2018, le Général Gilbert Diendéré (présumé cerceau de ce putsch manqué) a fait le récit du déroulement des évènements dans les journées du 16 au 21 septembre 2015, jour de la remise du pouvoir aux autorités de la Transition.


«Qui sont ceux qui ont commandité et exécuté l’action que vous aviez assumé ?». Telle est la première question du président du tribunal militaire, Seydou Ouédraogo. «Je ne sais pas et je ne peux pas vous le dire», répond le général Gilbert Diendéré. Poursuivant son récit, l’accusé indique que deux personnes l’ont appelé pour le tenir informer de l’arrestation du président de la Transition, du Premier ministre et d’autres ministres dans la journée du 16 septembre. «Je n’ai aucun autre détail. Je n’ai pas cherché à comprendre davantage parce que pour moi, c’est une réaction par rapport à la situation qui prévalait au sein du corps», explique-t-il.

«Je n’ai jamais donné d’instruction à Koussoubé de faire un coup d’Etat»

Revenant sur son agenda du 16 septembre, le général indique que l’adjudant Nion est venu le voir à son domicile pour lui signifier ses inquiétudes par rapport aux agissements du Lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida. Notamment les menaces, les tentatives d’empoisonnement, la corruption de certains éléments du RSP etc. «En réponse, je lui ai dit que des dispositions seront prises par qui de droit. Quelque temps après, je vois sur le net que le RSP a été dissout. Quelque temps après, le sergent-chef Moussa Nébié et l’adjudant Nion m’appellent pour me dire qu’ils ont arrêté le président de la Transition, le Premier ministre et d’autres ministres. Ils sont ensuite venus me voir à la maison», relate le général à la barre.

«Yacouba Zida voulait faire venir des mercenaires au Burkina»

Pour le général, ce qui s'est passé le 16 septembre 2015 est la résultante de toutes les crises antérieures entre l’ancien Premier ministre et le RSP. «J'ai appris que le Premier ministre Zida devrait aller en Angola pour chercher des moyens, des mercenaires, car il ne maîtrisait plus le RSP et l'armée en général. Pour cette mission, Zida a prélevé 100 millions de francs CFA au Trésor public. Malgré l’annulation de cette mission par le président Michel Kafando qui l’a jugé inopportune, les 100 millions n’ont pas été restitués au Trésor», révèle le général.

Selon lui, c’est au camp Naaba Koom lors des négociations que le mot coup d’Etat a été prononcé pour la première fois par Monseigneur Paul Ouédraogo. Pour lui, personne ne parlait de coup d’Etat au départ. «Monseigneur a dit que puisqu’on ne peut pas avancer dans les discussions, que l’armée prenne ses responsabilités surtout que le pouvoir est vacant. J’ai alors proposé à l’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo d’assurer la vacance du pouvoir. Il a décliné et j’ai alors demandé au chef d’Etat-major général des armées Pengrenoma Zagré de prendre ses responsabilités. Le CEMGA a lui aussi décliné. C’est alors qu’un autre officier a proposé que ce soit un élément du RSP qui prenne le pouvoir puisque ce sont eux qui ont commencé. C’est ainsi que j’ai dit, si vous ne voyez pas d’inconvénients, je vais assurer cette responsabilité mais avec le soutien de tous. Monseigneur m’a alors demandé de rédiger un communiqué», relate général.

Ce communiqué sera par la suite lu devant tous. Mais le général mentionne que Jean Baptiste Ouédraogo a fait remarquer dans la salle qu’il était loin d’une déclaration mais plutôt une proclamation et qu’il fallait juste ajouter que les secrétaires généraux des ministères assurent les affaires courantes. Durant son récit, le général Diendéré a donc démontrer que l’ensemble de la hiérarchie militaire y compris l’Archevêque Paul Ouédraogo et l’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo étaient d’accord avec lui. Mais après la rencontre avec les chefs d’Etats Macky Sall du Sénégal et Boni Yayi du Bénin, il dit avoir compris la nécessité de rendre le pouvoir aux civils.

Parlant de la riposte de l’armée régulière, le général Diendéré dit savoir où se tenaient les rencontres des chefs de corps. «Les chefs de corps se rencontraient à la clinique du camp Lamizana et j’en étais informé. On pouvait donc les trouver là-bas et les abattre. D’ailleurs, l’armée régulière ne pouvait pas mettre de pression sur le RSP qui était plus équipé», souligne-t-il. Il révèle même que l’ex Premier ministre a coulé les larmes le jour de sa libération au camp Naaba Koom, regrettant ses attitudes vis-à-vis du RSP. L’audience se poursuit ce mercredi 28 novembre 2018.

En rappel, l’accusé est poursuivi pour, entre autres, «attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires, dégradation de biens appartenant à autrui, trahison, incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline, violence et voies de fait sur autrui, ou de complicité de ces infractions».

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